AVIS03 juin 2018
Avis du 22 mai 2018 « Agir contre les maltraitances dans le système de santé : une nécessité pour respecter les droits fondamentaux »
▸2. FICHE D'IDENTIFICATION: JURIDICTION (FR) / SOURCE (FR-JORF) / ORGANE (CNCDH) / TYPE (Avis) / DATE (2018-05-22) / IDENTIFIANT (N/A) / LANGUE ORIGINALE (FR) / MATIÈRES (DROIT DE LA SANTÉ, DROITS FOND…
2. FICHE D'IDENTIFICATION:
JURIDICTION (FR) / SOURCE (FR-JORF) / ORGANE (CNCDH) / TYPE (Avis) / DATE (2018-05-22) / IDENTIFIANT (N/A) / LANGUE ORIGINALE (FR) / MATIÈRES (DROIT DE LA SANTÉ, DROITS FONDAMENTAUX, DISCRIMINATION, BIEN-ÊTRE DES PATIENTS ET SOIGNANTS) / DOMAINE (Droit de la Santé Publique, Droits de l'Homme) / PERTINENCE IW (MOYENNE)
3. QUE TRANCHE/RÉGULE CE DOCUMENT?
Cet avis aborde la question des maltraitances, qu'elles soient volontaires ou involontaires, au sein du système de santé français. Il souligne la nécessité d'agir pour garantir le respect des droits fondamentaux des patients et améliorer le bien-être de tous les acteurs du système.
4. CONTEXTE (pour mieux comprendre)
Bien que la France soit reconnue pour la qualité de sa médecine, elle est moins bien classée sur des critères comme la mortalité évitable et les inégalités sociales de santé. L'avis met en lumière que ces inégalités peuvent résulter de discriminations et de maltraitances, peu étudiées jusqu'à présent. Il fait suite à une alerte du Contrôleur général des lieux de privation de liberté concernant des maltraitances médicales au CHU de Saint-Etienne, qualifiées de "traitement inhumain ou dégradant" au sens de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
5. CE QUE DIT LE DOCUMENT
L'avis de la CNCDH, adopté le 22 mai 2018, constate que malgré la reconnaissance mondiale de la qualité de la médecine française, le pays recule dans certains classements internationaux, notamment concernant la mortalité évitable et les inégalités sociales de santé. Il souligne que la compréhension de ces inégalités nécessite de prendre en compte les discriminations et maltraitances, particulièrement envers les populations vulnérables. L'avis fait référence à une alerte du Contrôleur général des lieux de privation de liberté concernant des maltraitances médicales au CHU de Saint-Etienne, qualifiées de "traitement inhumain ou dégradant" au sens de l'article 3 de la CEDH. La CNCDH note que la libération de la parole des patients et soignants a mis en lumière des faits préoccupants dans divers domaines tels que les violences obstétricales, la prise en charge des patients autistes, ou l'accueil en EHPAD et établissements psychiatriques. Ces phénomènes, bien que ne constituant pas une attaque contre le personnel soignant, sont considérés comme des dérives du système, où la maltraitance est souvent le fait du système plutôt que d'un individu, conformément au rapport Compagnon de 2009. La CNCDH rappelle que la maltraitance, selon le Conseil de l'Europe, est tout acte ou omission portant atteinte aux droits fondamentaux, libertés civiles, intégrité corporelle, dignité ou bien-être général d'une personne vulnérable. Ces maltraitances peuvent prendre la forme de paroles discriminatoires, humiliations, négligences ou violences physiques, ainsi que le non-respect du droit au consentement libre et éclairé. Face à ces constats, des initiatives ont été proposées par les pouvoirs publics, comme des labels de bientraitance ou le renforcement des Commissions des usagers, mais la CNCDH regrette que les maltraitances soient étudiées de manière segmentée plutôt que globale.
6. CONCLUSION EN MOTS SIMPLES
Le système de santé français, malgré ses qualités, présente des dérives de maltraitance qui affectent les droits fondamentaux des patients. Il est nécessaire d'adopter une approche globale pour identifier et combattre ces phénomènes, qui touchent aussi bien les patients que le personnel soignant.
7. À QUOI FAUT-IL FAIRE ATTENTION?
✅ L'avis met en avant la nécessité d'une approche systémique pour lutter contre les maltraitances, ce qui peut ouvrir des pistes pour des actions correctives et des améliorations des pratiques au sein des établissements de santé.
⚠️ Les maltraitances, même involontaires, peuvent avoir des conséquences juridiques pour les établissements et les professionnels de santé, notamment au regard de l'article 3 de la CEDH.
📋 Les professionnels de santé doivent être particulièrement attentifs au respect du droit au consentement libre et éclairé des patients, un point soulevé comme source potentielle d'actes maltraitants.
ℹ️ L'avis souligne le décalage entre l'appréhension des phénomènes par les usagers et les professionnels, invitant à une meilleure écoute et à une analyse partagée des situations.
8. OPINIONS DISSIDENTES / VOTES PARTICULIERS
(Assemblée plénière du 22 mai 2018 - Adoption : 20 voix pour, 7 voix contre, 7 abstentions)
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