Décision30 octobre 2018
Décision n° 2018-5542 SEN du 26 octobre 2018
▸FICHE D'IDENTIFICATION - JURIDICTION : FR - SOURCE : FR-JORF - ORGANE : Conseil constitutionnel - TYPE : décision - DATE : 26 octobre 2018 - IDENTIFIANT : n° 2018-5542 SEN - LANGUE ORIGI…
FICHE D'IDENTIFICATION
- JURIDICTION : FR
- SOURCE : FR-JORF
- ORGANE : Conseil constitutionnel
- TYPE : décision
- DATE : 26 octobre 2018
- IDENTIFIANT : n° 2018-5542 SEN
- LANGUE ORIGINALE : FR
- MATIÈRES : Droit électoral – Financement des campagnes – Inéligibilité – Procédure électorale
- DOMAINE : Droit public – Droit constitutionnel – Droit électoral
- PERTINENCE IW : HAUTE
### QUE TRANCHE/RÉGULE CE DOCUMENT ?
Le Conseil constitutionnel prononce l’inéligibilité d’un candidat aux sénateurs pour un an, faute de dépôt conforme du compte de campagne électorale.
### CONTEXTE (pour mieux comprendre)
Le compte de campagne des candidats aux sénatoriales doit être présenté, sous forme d’un bilan comptable établi par un expert‑comptable, avant le dixième vendredi suivant le premier tour (art. L. 52‑12 du code électoral). La Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP) contrôle la conformité de ce compte et, en cas de manquement, peut saisir le juge de l’élection qui, selon l’art. LO 136‑1, peut déclarer le candidat inéligible. La présente affaire porte sur le non‑respect de ces obligations par M. Eugène‑Loïc ERMESSENT.
### CE QUE DIT LE DOCUMENT
Le Conseil constitutionnel, saisi le 31 janvier 2018 par la CNCCFP, a examiné les pièces du dossier, dont les observations de M. ERMESSENT et le rapport de la banque. Il rappelle d’abord les exigences de l’article L. 52‑12 du code électoral : tout candidat ayant obtenu au moins 1 % des suffrages doit établir un compte de campagne détaillant recettes et dépenses, le déposer à la CNCCFP avant le délai fixé, et le présenter par un expert‑comptable ou, en l’absence de mouvements, fournir une attestation d’absence de recettes et de dépenses.
Le compte de M. ERMESSENT a été rejeté par la CNCCFP le 25 janvier 2018, pour deux raisons principales : (i) il n’a pas été présenté par un expert‑comptable, et (ii) les 3 082 € de dépenses ont été réglés directement par le candidat, en violation de l’obligation de passer par le mandataire du compte.
Le Conseil constate que ces faits sont établis et que le rejet de la CNCCFP était donc « à bon droit ». Il se réfère ensuite à l’article LO 136‑1, alinéa 2, qui autorise le juge de l’élection à déclarer inéligible le candidat qui n’a pas déposé son compte dans les formes et délais prescrits, en tenant compte de la nature de la règle violée, du caractère délibéré du manquement et du montant en jeu. Le troisième alinéa précise que la déclaration d’inéligibilité s’applique en cas de fraude ou de manquement d’une particulière gravité.
Le Conseil conclut que M. ERMESSENT n’a pas pris les mesures nécessaires pour respecter l’article L. 52‑12, et que le retard bancaire invoqué ne justifie pas le non‑respect des obligations de présentation du compte. En conséquence, il prononce l’inéligibilité de M. ERMESSENT pour une durée d’un an à compter de la décision.
### CONCLUSION EN MOTS SIMPLES
Le candidat a été déclaré inéligible pendant un an parce qu’il n’a pas déposé son compte de campagne conformément aux règles du code électoral. Le défaut de recours à un expert‑comptable et le paiement direct des dépenses sont considérés comme des infractions graves.
### À QUOI FAUT-IL FAIRE ATTENTION ?
- ✅ Obligation de conformité : le compte de campagne doit être présenté par un expert‑comptable ou, s’il est nul, accompagné d’une attestation d’absence de mouvements (art. L. 52‑12).
- ⚠️ Risque de sanction : le non‑respect du délai ou de la forme entraîne, à la discrétion du juge de l’élection, une inéligibilité pouvant durer un an (art. LO 136‑1).
- 📋 Démarche à suivre : les candidats doivent prévoir dès l’ouverture du compte de campagne la mise à disposition du mandataire d’un moyen de paiement afin d’éviter tout retard bancaire susceptible d’être interprété comme une faute.
- ℹ️ Information pour les praticiens : la jurisprudence confirme que le simple argument de retard bancaire ne suffit pas à exonérer le candidat de ses obligations comptables ; la responsabilité repose sur le candidat et son mandataire.
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